Les parasites du PIND !

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Re: Sociologie du punk (trop longue chronique acerbe)

Message par bub » 04 janv. 2022 14:28

Bon on continue avec quelques perles qui m’ont fait marrer :
- RASH : Red Against Skinhead Homophobe (en voilà un qui a mal écouté la Brigada !! ils vont venir se venger attention)
- « Les pairs, les parrains et les premiers apprentissages » : les parrains, comme dans Skarface, mouarf ! ben désolé, les parrains pour moi, c’est pas les vieux Oberkampf ou Tagada Jone mais plus surement Pascal ou Jean qui par ailleurs m’a l’air diablement sympathique (-> lire le livre pour comprendre). D’ailleurs ça pose question, est ce que le fait de jouer avec de vieux groupes n’est pas une manière de rentrer dans la communauté punk ou tout le monde se connait plus ou moins, parce que tu joues avec tel groupe qui a joué avec tel groupe et qu’au final tu connais rapidement tous les personnage de la scène à moins d’une ou deux personne d’écart (par rapport à la théorie des 6 poignées de main). Ou même comme le disait Noah Harari sur l’intérêt de la communication entre pairs, l’impact du bavardage pour la coopération sociale. Et comme les vielleux punks sont souvent d’impitoyables bavard-es…
- « Aucun groupe ne parvient à conserver sa configuration originelle tout au long de sa carrière ». Bon déjà c’est faux ne serait ce que le groupe punk auquel j’appartenais qui a duré bien 5 mois. Ensuite c’est quoi une carrière pour un groupe punk ? Euh...
- « Les sacrifices et l’investissement total dans cet espace punk ont fait que malgré mon souhait de me désinvestir, le coût de la défection était tel que je ne pouvais totalement m’écarter » : comprendre : notre sociologue voudrait rejoindre ces ami-es sociologue et oublier définitivement cette vie de débauche, mais comme il a tatoué « punk un jour, punk toujours » « sur son avant-bras gauche » et « If you used to be punk, then you never were » sur son épaule gauche, il cherche à faire disparaitre ses tatouages...

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Re: Sociologie du punk (trop longue chronique acerbe)

Message par bub » 04 janv. 2022 14:29

Il y a une phrase importante dans le livre, en introduction de chapitre, c’est : « Pour les adolescents, la musique est certainement l’une des caractéristiques les plus efficaces symboliquement pour se donner un certain sens du placement social ». (j’ajouterai adolescentes) La suite du chapitre c’est pour dire « comme mes ami-es sociologues, j’ai constaté la même chose ». OK. Mais pourquoi ? Quelle est la place de la musique dans la société ? Quelle est la singularité du punk dans la société ? Proposition de réponse : la musique c’est l’ « engagement total » symbolique, le corps dans la danse, le son qui envahit les sens au détriment du sens, de l’odorat ou de la vue. Le punk c’est l’ « engagement total » désordonné, brouillon, chaotique, le fameux pogo et même l’engagement total collectif « un punk à terre on le ramasse ». Pourquoi j’écoute du punk et je ne suis plus adolescent ? « espoirs déçus » ? éternelle nostalgie ? Non, bouillonnement d’énergie !
Tout l’intérêt de ce genre de bouquin, ce serait de faire ressortir les potentialités du punk comme agent (gloups sociolangue) mobilisateur, émancipateur. Ce que je voudrais comprendre à mon niveau, c’est l’évolution du punk et sa réappropriation par des envies différentes, des tensions inhérentes. Le punk comme scènes séparés (punk qui tache vs anarchopunk vs ska punk rigolo vs crusto grind voilence, etc...) comme visions séparés qui se rejoignent dans un grand tout de défoulement. Un truc qui envoie, un truc punk quoi ! Et basta !
Je vois bien un analyse sociologique sur les différent courant du punk, les aspirations des punks français. Mais un truc basé sur des bases de données. Je sais c’est tabou chez le punk. Face de bouc, Ama-sur la-zone (« elle n’avait qu’un seul nom ») etc... Mais ya les bases de données ou les punks se vendent : bandcamp, discogs. Il y a même la SACEM pour les « stars » traitres du punk (c’est comme ca qu’on dit je crois). Il y a les bases de données des trop nombreuses VPC (Maloka, Sucette distro, Mass Prod...- et oui les ami-es, vos sites amassent de la donnée). Il y a les forums genre punxforum ou autres vieux tromblons (dynamite, redforum, couteaux et fleurs !!) : la dedans ya de la donnée pour sociologue : de la musique, des paroles de chansons, des discussions de vieux briscards, de jeunes louves, de vieilles routardes, de « nouveaux venus ». Et ya de quoi en tirer des enseignements. Bien sûr les bases de données c’est toujours du « big data » et avec vient le « machine learning ». Ca devient technique mais c’est l’évolution de la société j’imagine et avec elle l’évolution du sociologue, qui doit se munir d’une compétence de « data scientist ». Il y avait ce bouquin passé inaperçu -ou pas- qui s’appelait « Culturama » (Aiden, Michel) qui raconte un outil pour big data qui s’intéresse au surgissement et à l’histoire d’un mot dans notre monde d’archive. Pour moi, c’est le prémisse de la nouvelle analyse sociologique, comment évolue un concept, le punk, au cours du temps. Un truc qui pourrait permettre de décrypter ce qui fait notre « engagement total », notre émancipation et le sens de nos vies. (Même si j’ai bien quelques idées et souvent on cherche ce qu’on trouve, la sérendipité est rare…).

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Re: Sociologie du punk (trop longue chronique acerbe)

Message par bub » 04 janv. 2022 14:29

Bon et maintenant...
Chais pas si vous allez lire le livre, mais pour moi, c’était une formidable source de réflexions et de questionnements. Et c’est dans la critique qu’on est constructif... Je suis d’accord ou pas d’accord pour telle ou telle raison, ça, ça me fait bondir, ah cette interprétation est intéressante même si ça ne va pas assez loin, etc, etc... Réveille le punk qui est en toi !

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Re: Sociologie du punk (trop longue chronique acerbe)

Message par Yanic » 09 janv. 2022 19:21

Merci Bub pour cet important travail d'analyse non-universitaire !
bub a écrit :
04 janv. 2022 14:27
Une bonne trouvaille ? Sauf que dommage, côté originalité, ça tombe là
Tout comme avoir repris en couv' la photo de Roland Cros qui était celle en couv' du livre Nyark Nyark ! :lol:
(mais faut comprendre l'auteur aussi, des ouvrages de référence issus réellement de la scène punk, comment voulez-vous qu'il connaisse !)
bub a écrit :
04 janv. 2022 14:27
Pour moi, sur cet autel bourdieusard on ne pouvait pas se permettre de salir l’analyse avec des anecdotes genre « on s’appelle RAB Hop, on a joué avec GammaGT, Les Putes de l’autoroutes, Cyprine, les Consanguins, Fist on Morback et Rien A Branler (RAB) ». – Et d’ailleurs, j’ai de bons souvenirs avec les 3 derniers groupes cités- Et non, la scène punk est pas exactement synonyme de bon goût. Et quand on se réfère à « la Distinction » de Bourdieu, ben le capital total en prend un coup... Pour plus de détail, on pourra retrouver l’histoire du groupe de l’auteur (RABHOP) sur « internet est ton ami ».
Ah bon, l'origine du nom du groupe tel qu'il la définissent dans l'interview de "no propaganda" n'y figure pas ? Ho, quel dommage, l'explication du "hop" est savoureuse et aurait apporté un peu de légèreté à l'ensemble ! :lol:
(interview trouvée sur leur site, reconnaissons à l'auteur le mérite de ne pas avoir fait un peu de ménage dessus avant publication ! Ou alors, ils ont perdu les codes FTP du site, dur !)
bub a écrit :
04 janv. 2022 14:27
Sérieusement à qui s’adresse ce livre ? Si c’est pour les ami-es sociologues, qu’est ce qu’ils en ont à foutre du punk ?
Ho que tu es taquin !
La promo nous explique visiblement ça très bien :
"Les punks constituent un groupe social dont l’étude a largement été délaissée par les sciences sociales françaises. C’est indissociablement en tant que membre de ce groupe et comme sociologue que Pierig Humeau vise à combler cette lacune"
Le type a fait son petit passage dans la scène punk quelques années tout en soignant en parallèle son avenir professionnel ; il serait trop dommage ensuite de ne pas en tirer profit en remarquant que le punk en sociologie était un produit de niche sur lequel il disposait d'un avantage concurrentiel par rapport ses camarades. La start-up nation est fière de son esprit d'initiative.
bub a écrit :
04 janv. 2022 14:27
D’ailleurs, l’auteur réussit à nous évaluer le « capital punk » des individu-es
Est-ce qu'il expose à quel niveau de capital punk il s'est arrêté ?
Parce que d'une façon ou d'une autre, les gens dans la scène punk française qui ont fait plus qu'un passage, d'une façon ou d'une autre, généralement on les connait !
(Je me permets de le placer vu que l'auteur a visiblement une haute-conception de la place qu'il a eu dans la scène et de son "investissement total", au vu des extraits de Bub).
bub a écrit :
04 janv. 2022 14:27
Parce que somme toute cet ouvrage manque singulièrement de recul et de réflexion. Les analyses sociologiques sont là, appliquées scolairement mais il manque ce qui fait le sel de la vie : la compréhension du phénomène, un engagement dans une thèse (au sens premier), une prise de position. Quel est l’intérêt du bouquin ? On se demandait à qui, maintenant on se demande pourquoi.
:lol: :lol: :lol:
(et bravo pour toute l'analyse sérieuse qui s'en suit et les réflexions dont tu l'enrichis, moi je me serais arreté à ta phrase au-dessus !)

Et à la base, je pensais aussi détailler un peu plus pourquoi entâcher le PIND de tout le mépris qu'ils méritent, mais globalement, ce topic en a déja dit beaucoup !

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Re: Sociologie du punk (trop longue chronique acerbe)

Message par bub » 10 janv. 2022 9:09

Yanic a écrit :
09 janv. 2022 19:21
Ah bon, l'origine du nom du groupe tel qu'il la définissent dans l'interview de "no propaganda" n'y figure pas ? Ho, quel dommage, l'explication du "hop" est savoureuse et aurait apporté un peu de légèreté à l'ensemble ! :lol:
:shock:
j'avoue n'avoir pas été aussi loin dans le site...
no propaganda a écrit : NP : R.A.B Hop : Rien A Branler et Hop ?
R.H (Emy) : Ouais en fait c’était un délire pendant une répèt’ parce qu’en fait nous on ne fait pas partie des groupes qui ont un nom avant même d’avoir gratté la première note ensemble. Nous en fait on a eu notre nom bien 7 ou 8 mois après le début et en fait c’était un délire en répèt’, on arrêtait pas de dire « rien à branler », on déconnait comme ça et puis un moment bon c’est pareil « hop » ça veut dire houblon en anglais, mais ça c’est le fruit du hasard, parce que le vraie définition de « hop » dans R.A.B Hop c’est une petite abréviation de « salope », encore un délire. Et donc on a enchaîner Rien A Branler et Hop, ça nous a fait rigoler et on a fait « ah ouais ! R.A.B Hop !” et voilà quoi.
Pour la prochaine fois, je vous fais un compte rendu du livre PIND, lexique franco-punk. Sans vouloir spoiler, ya quelques articles pas trop mal fait ;) D'ailleurs, ya un article à la lettre S., avec le vocable "Salope!" (retour vers RAB Hop). Mais j'y reviendrai...

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Re: Les parasites du PIND !

Message par bub » 11 janv. 2022 11:13

Punk is not dead - Lexique franco-punk, Luc Robene et Solveig Serre
Tout d'abord, j'ai un aveu à faire : j'ai une tendresse particulière pour Solveig - autrice du livre-. Non pas que je la connaisse particulièrement mais, son prénom me fait remonter à ma tendre enfance quand j'écoutais à plat ventre l'histoire de Peer Gynt raconté aux enfants devant le tourne disque familial. Solveig l'héroïque, amoureuse du bad boy en l'occurrence Peer Gynt, ce "dirty punk", qui le sauve de la grande cuillère des inutiles avec sa chanson éponyme magnifique. Du coup mon jugement sera biaisé. On sera prévenu.
Donc un lexique franco-punk très bien. 178 entrées, dont un quart sont des noms de groupes (-moi aussi je fais des stats-), quelques noms de villes (punk ? - Bordeaux, Caen, Mont de Marsan, Monpellier, Poitiers, Rouen... ça pose le décor...), des noms de lieux (ya pas Paris mais les Halles, Gibus, Golf Drouot, Miroiterie...), quelques accessoires (épingle à nourrice, cheveux, fringues...), des gens (Gilles Bertin, les frères Eudeline, Zermati, Despentes, Plastic Bertrand...people people) et des thèmes (anarchisme, labels, fanzine, prix libre...)...
J'avoue que je n'étais super motivé pour lire ce lexique, si ce n'était deux entrées qui ont retenu mon attention : Brassen's not dead et Fuck Feria (yes Mumu !). Encore une fois je marche à l'affect et les ami-es. Plongée dans le lexique.
Tout d'abord, on voit très clairement des ambiances différentes qui se dégagent de ce lexique et de fait il s'agit des personnes qui ont contribué au lexique.
Il y a le punk 1er vague héroïque, dont les auteurs se gargarisent sur le glorieux passé (Alain Pacadis et autres Marie et les garcons). Je veux pas critiquer mais le nombre de groupes punks qui ont fait une vingtaines de concerts, yen a pléthores. Pourquoi faut-il s'arrêter sans arrêt devant les mêmes clichés du début. Faudrait se poser la question, est ce que ces groupes d'origine ont une filiation (non.), est ce qu'ils ont une originalité indéniable et en rupture (pas vraiment). Est ce que Edith Nylon a vraiment sa place dans le lexique ? Je ne connais personne qui se revendique d'Edith Nylon, voire des Stinky Toys, ou même qui écoute cette musique en allant en concert (à part Philippe Manoeuvre dans son salon). J'ai l'impression qu'on cherche à faire revivre un âge d'or en réécrivant continuellement les même antiennes (genre les compils punks de soul jazz records). Pour moi ça relève de la mise en place d'un mythe figé. Or je m'attends à ce qu'un lexique franco-punk ça soit actuel, de "circonstance" un truc qui évolue avec son temps.
Continuons, il y a toute une partie rock alternatif des années 80 (incontournable bérus et autres lv88) et enfin la scène actuelle très peu représentée (5%). Elle transparait à travers les villes qui on le bon goût de chroniquer l'évolution du leur scène sur les 40 ans d'existence (le punk c’est 76-79, les années 80 et après quelques trucs genre anodins ?). Mais on peut se poser la question du choix des villes : celle du passé héroïque qui sera réutilisé dans le prospectus de la municipalité pour montrer l'intérêt touristique de la ville ? celle des contributeurs/contributrices ? (luc, historien, est bordelais, donc Bordeaux est à l'honneur, cécile, ethnologue, habite du côté de Montpellier, audrey, sociologue, (autrice d'une monographie sur -une salle de concert dite « punk »-) doit etre vosgienne, etc...). Ce qui est dommage, c'est que finalement ce lexique en devient hétéroclite avec pleins de manques. Là où on aurait pu montrer un panorama ville par ville super intéressant et exhaustif, on revient à des bribes de mythes sur quelques scènes locales. Lyon apparait à travers les nuits de Fourvière en 78. "Capitale du punk" laisse sous-entendre le rédacteur, c'est bien éphémère si on en croit le lexique ! Marseille ? Toulouse ? Lille ? Serait-ce que ses villes n'ont pas su générer leur universitaire adéquat ?
Autre point problématique, les articles de flavien, historien, (et qui n'a pas écrit lui-même son panégyrique pour l'article -Paris Violence-, étrange). Il doit avoir sur sa table de chevet Mythes et mythologie de Girardet, un historien -comme lui- « patriotique » et traditionaliste -comme lui- mort -comme... euh... -(le-dit bouquin explique ce qu'est l'Age d'Or). Son article sur La Souris Deglinguée ne fait aucunement référence au concert à la mairie FN "https://lahorde.samizdat.net/la-souris- ... eme-droite" -> un "monument vivant" dit flav ? vraiment ? Quant à son article sur les labels, je suis étonné qu'il ne mentionne même pas son label Islika production. Parce que tout un tas de labels punks passent à la trappe au profit des labels "mythiques" qui ont eu pignon sur rue (Bondage et autres Dialektik). Et mon cul c'est du tofu ? Trauma social ? Mass prod ? Keupon voyageur ? Attila tralala ? - quand tu regardes les disques punks qui sortent aujourd'hui, c'est une longue liste de petits labels sympathiques qui n'existent visiblement pas pour le lexique... Bon, je ne comprends même pas comment il n'y a pas débat au sein de l'équipe PIND sur la présence de flav (genre son itw dans le lys noir, tu sais le truc d'extrême droite royaliste : comme raconte le webzine "Quand on a des musiques de merde et des textes infiniment moins élaborés que ceux de Paris Violence, on fait du «rock identitaire français» !" Ah... Et c'est pas moi qui le dit mais des connaisseurs de RIF-RAC...). De base ca déconsidère quand même pas mal le projet : il suffit d'être universitaire et tout est oublié ? francois, contributeur et historien, plus connu comme ACI des bérus, n'y voit pas d'inconvénient ?
Passons, pour la bonne bouche je retiendrai surtout les articles de solveig, musicologue. Par exemple, son article sur l'"intelligence punk" est... intelligent ! ca fait plaisir à lire (sérieux, vraiment).
Il y a aussi un article de solveig particulièrement rigolo sur les "nouveaux punks", je cite : "Après les beaufs [...] les nouveaux beaufs [...] Le punk a-t-il su éviter le piège ? [..] Le nouveau punk a défini une éthique de la punkitude et produit bien malgré lui ce qu'il convient d'appeler une "police de la pensée punk" [...] Tu ne laisseras point ceux qui enquêtent sur le punk et qui travaillent à sauvegarder sa mémoire s'engager sur des projets trop poussés car [...] Bref tu seras punk à ta manière, sectaire et chiant."
J'adore. vraiment. Ce sens de l'humour punk - public de merde -. Ceci dit est ce que la critique est nécessairement sectaire et chiante ? Je dirais plutôt envolée, dynamique et constructive, -Lester Bangs, ca me fait bien rigoler-. PIND ? perso je préfère le Punk Is Dead de l'autodérision et la difficulté de définir ce vocable "Punk" (qui n'apparait pas tel quel dans le lexique, "punk" est trop difficile à définir ou c'est un oubli ?).
Dernière chose, les universitaires contributeurs/trics sont cités nommément nom prénom, il manque leur spécialité universitaire, heureusement "internet est ton ami" comble cet oubli. Franchement le bon vieux temps de Johnny Rotten, Clode Panik et Franxoa c'est fini ? Les bons mots, Serre les boulons, Romonte ton ben, qui apporte le jeu, la joie, le fun, la liberté. Les universitaires du punk sont-ils punks ou juste... chiants ? (enfin... sauf solveig !). Il est toujours temps de mélanger le fond et la forme pour la suite des aventures.
Au final, quelques articles très intéressants, des article « Age d’Or » sans intérêt, une exhaustivité absente, un côté people relou. Un ouvrage un peu anecdotique, dommage…

A noter le futur bouquin PIND : ON STAGE/BACKSTAGE
Le but de notre ouvrage est double. Il propose, « on stage », une synthèse des principaux résultats scientifiques du projet de recherche PIND (Punk is not dead : une histoire de la scène punk en France, 1976-2016), que nous avons engagé depuis 2013. Il décrit et analyse « backstage » les dessous de la recherche, ce qu’on évite généralement de montrer, la petite cuisine du chercheur. Notre livre s’adresse donc à tous ceux que le punk intéresse et qui veulent comprendre « ce que chercher veut dire ».
1976-2016, c’est alléchant, le résultat sera-t-il à la hauteur ?

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Re: Les parasites du PIND !

Message par Nhuman punk » 11 janv. 2022 12:52

haha ben j'ai aussi choper le lexique en me disant que des pote-sses étaient évoquer et pour mes archives, mais franchement... Même constat on a pas la même vision du truc... Flav, l'article sur la oi!, les stéréotypes sur les punks des campagnes, les jeunes générations politisées qui sont pas ouvert-es d'esprit gnagnagna.. j'avais envoyé un mail à solveig serre, réponse à demi mot, elle avait rien à dire quand je lui parlais de flav, des groupes racs cités et pas vraiment "labélisés" comme faf...bref le pind quoi, un truc qui aurait pu être bien mais qui touche le fond souvent... Pareil pour leurs évènements sur les villes, le colloque sur le punk à rennes des potes y ont participé et amené un peu d'histoire du punk politique et des squats parce que sinon c'était une énième présentation sur les vieilles gloires du punk trotskids, marquis de sade et j'en passe...

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Re: Les parasites du PIND !

Message par kolonel muller » 11 janv. 2022 22:46

Merci pour cet chronique Bub, je me suis bien marré à la lire !! Merci pour ces retours tous les deux, je me demandais ce que ça donnait ce bouquin ... Ma curiosité est satisfaite !
Mon vrai nom c'est FRED :-)

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Re: Les parasites du PIND !

Message par bub » 12 janv. 2022 9:22

Nhuman punk a écrit :
11 janv. 2022 12:52
Flav, l'article sur la oi!,
Carrément, l'article sur la oi! de flav tu veux dire ? ce qui est étonnant c'est qu'il est cosigné par philippe roizes. Et on s'en donne à coeur joie à citer du RAC, de l'apo "en veux tu en voilà" sur 6 pages (c'est l'article le plus long du bouquin). Et bien sur sans aucun recul : Brutal Combat, Skincorps sorti sur Rebelle européens ne sont pas mélangé au RAC, non, non... Je cite : "Le RAC prolifère en France à partir de 1985. [...] deux lectures de ce phénomène des années 80. L'une distingue totalement la Oi!, même empreinte d'un patriotisme exacerbé, du RAC. L'autre y voit chez de nombreux groupes les prémices, certes parfois timides, aboutissant à l'avénement du second. [...] Dans le même temps Molodoi et Paris Violence tentent de s'écarter des lieux communs traditionnels du genre." S'ensuit quelques lignes sur le RASH (une dizaine) la où le RAC déborde littéralement de l'article. "Anticommunisme [...] nationalisme [...] patriotisme [...] ultranationalisme [...] apolitisme" ah il y a une discret "xénophobe" au milieu de l'article, on était presque passé à côté ! Et donc tout va bien ? On ne saura pas si Molodoi ou Paris Violence ont réussi à "s'écarter des lieux communs". Pour PV on le sait, pour Molodoi, je laisse Francois ex Bérus (tu sais , celui qui chantait "la jeunesse emmerde le front national") s'exprimer. Après tout l'article est assez vague pour laisser planer un doute, peut-etre que Molodoi est un timide prémice de RAC ??? Un article nauséabond, partisan et qui n'a rien à faire dans le bouquin. Un peu de recul, genre je me renseigne sur Wikipedia, : "Le terme de RAC est choisi en réaction aux concerts de Rock against racism (RAR) organisés entre les années 1976-19793. Les principaux facteurs d'identification de ce courant sont les textes d’inspiration anticommuniste, néo-nazie, raciste ou ethno-differencialiste." Ah non, tout ca, l'article en parle pas, il n'y a aucun recul politique. Sur le rejet de cette scène minoritaire, sur les concerts interdits, sur le fantasme et le mythe, sur la mobilisation antifa, on n'en saura rien. C'est un phénomène universitaire comme un autre. Je renvoie à REFLEXes (https://reflexes.samizdat.net/), No Pasaran (le livre Rock Haine Roll), la Horde (https://lahorde.samizdat.net/). Des trucs pas vraiment universitaires pour le coup !
Bien sur l'article "Noir(s) Désir(s)" ne parle pas du féminicide de Bertrand Cantat. Ce genre de truc qui fait que tu as du mal à écouter Noir Désir, tu sais ? Faut-il "séparer l'artiste de l'oeuvre" ou voir "les prémices, certes parfois timides, aboutissant à l'avénement du second." Deux lectures, mon cul !

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Re: Les parasites du PIND !

Message par Yanic » 12 janv. 2022 22:00

bub a écrit :
11 janv. 2022 11:13
Il y a aussi un article de solveig particulièrement rigolo sur les "nouveaux punks", je cite : "Après les beaufs [...] les nouveaux beaufs [...] Le punk a-t-il su éviter le piège ? [..] Le nouveau punk a défini une éthique de la punkitude et produit bien malgré lui ce qu'il convient d'appeler une "police de la pensée punk" [...] Tu ne laisseras point ceux qui enquêtent sur le punk et qui travaillent à sauvegarder sa mémoire s'engager sur des projets trop poussés car [...] Bref tu seras punk à ta manière, sectaire et chiant."
Alors, ça, c'est la touche finale sur un passif déjà lourdement chargé !
"Quoi ? Sous prétexte qu'on y connait que dalle mais qu'on publie sur le sujet, il y a des gens qui savent de quoi ils parlent dans la scène qui ont l'outrecuidance de penser qu'une fois cité "Bérurier Noir, Parabellum, Tagada Jones, Guerilla Poubelle" (oui, le PIND couvre 40 ans de punk-rock, nous tenons à le souligner ! ), on est aux 100% de nos capacités ?!! Oh les mesquins ! Et ben si c'est ça, on va dire qu'ils sont sectaires et chiants, rien que ça, et qu'on est tellement colère qu'on va être obligés de boire une 3e pression à l'afterwork pour se calmer en écoutant Punk floyd à fond !" (oui, l'analogie de ces baltringues avec le Moment Meurice sur le "punk qui s'expose" est trop évidente - je ne linke pas la source pour que le lecteur puisse procéder à sa propre historiographie sur cette référence acessible issue également du service public (sachons nous adapter !), car la recherche personnelle est symptomatique de ce mouvement - nous détaillerons ce point dans notre prochain ouvrage ; toutes les infos sont sur le Facebook).

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