Préjugés, sexisme: combat permanent

Le punk n'est pas qu'une musique ! Ici on discute de l'actualité, des manifs et des résistances en lien direct avec notre culture. "Make punk a threat again", ça vous dit encore quelque chose ?!
Ulilapointe
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Re: Préjugés, sexisme: combat permanent

Message par Ulilapointe » 27 mai 2022 14:49

Hey, j'arrive un peu comme un cheveux sur la soupe dans cette discussion, ça m'a donner envie de m'y joindre. J'suis pas sûre d'avoir tout bien compris sur les tenants et aboutissants de cette discussion, désolé si je me loupe et que je suis à côté de la plaque.
En tout cas il me semble que pour parler du porno et de son impact sur nous, il faut prendre en considération la génération à laquelle on appartient... Moi j'ai la vingtaine, et j'peux assurer que le porno de pornhub, xhamster et tout le tointoin on y a eu accès vers nos 10piges dans ma génération (on avait déjà internet très facilement pour la moyenne et un ordi dans notre «foyer».)
J'suis toujours halluciné de voir les chiffres «officiels» qui tentent de rendre compte de l'âge à laquelle on regarde notre premier porno. Il bouge d'année en année en rajeunissant toujours, mais il me semble encore complètement à côté de la plaque quand j'en discute avec mes potes. Et c'est une question que je m'amuse souvent à poser aux gens, que je viens juste de rencontrer ou non (parce que tout simplement c'est un des sujets qui m'animent beaucoup).
Bon c'est de la sociologie de comptoir hein, on est d'accord, mais n'empêche que ça doit être très très très rare aujourd'hui qu'une personne vivant dans notre société, qui a entre 15 et 40ans on va dire, n'ai jamais entendu parler de PORNHUB ou YOUPORN. C'est juste omniprésent et on peut difficilement passer à côté. Ca fait partie de notre environnement familier, autant qu'un lave vaisselle. Du coup dans ce sens là, jtrouve ça évidemment cool qu'Ovidie fasse ce qu'elle fasse aujourd'hui en étant complètement rattaché à son identité d'ex actrice porno mainstreim. Il y a rien à caché du porno mainstream tellement on s'est construit avec, le contraire serait hypocrite je trouve.

Bon par contre il faut être claire et faire attention aux raccourcis :
-une personne qui fait des porno pour gagner sa thune de son plein gré, oui, c'est du travail du sexe.
-une personne qui offre ses services sexuels contre de l'argent de son plein gré, oui c'est du travail du sexe.
-une personne qui se fait contraindre par un proxénéte au travail du sexe, sans rémunération et sans son consentement, c'est.... de l'exploitation, de l'esclavage. Avant d'être du travail du sexe. Point.
-un maçon (pour aller dans les stéréotypes....) qui fait du «black» n'ayant pas ses papiers et qui va être sous payé, être caché et maltraité ça s'appelle de l'exploitation avant d'être de la maçonnerie.

Sur cet article qui a été balancé:
https://collectifapp.com/2022/04/04/tra ... mouvement/

C'est de la grosse foutaise ce genre d'asso à mon sens.
En tant que travailleur du sexe, même tes coloc sont des proxénetes aux yeux de la lois, puisque l'argent que tu gagnes qui te permet de payer ton loyer va servir aussi, dans le cas d'une colocation, à payer la maison des autres.
La prostitution, au sens où moi je l'entend (c'est à dire évidemment pratiqué de plein gré) est un travail comme un autre.
Et ce n'est pas parce qu'on est "pro travail du sexe" ou jesaispasquoi qu'on est "pro exploitation libertarien", c'est important de nuancer et les syndicats comme le STRASS font un travail remarquable en ce sens, bien plus que des asso comme "Le Nid".

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Re: Préjugés, sexisme: combat permanent

Message par Ulilapointe » 27 mai 2022 15:43

Et pis je rejoins aussi cette lassitude vis à vis de la pureté.

Ce passage cité de Rebecca Amsellem est chouette, merci j'connaissais pas.
Ça me fait penser à une discussion que j'ai eu ce week end avec une chouette personne que j'connaissais à peine (mais on a causé longtemps!) qui parlait de leur groupe féministe entre «mec cis hétéro» et leur causeries organiser une fois par mois j'crois, et qui s'est tenu sur plusieurs années. Ils devaient choisir des thématique à discuter et écrire des compte rendu de leur discussions à montrer aux copines féministes habitants le même lieu collectif.
Ils ont eu par exemple une session de discussion sur leurs attirances et fantasmes tabou (mais grandement construits par le porno mainstream) et ont causé notamment d'hébophilie (c'est le fait d'être attiré sexuellement par des meufs jeunes, genre ado quoi mais pas non plus pédophile). Typiquement ça pullule sur les site porno mainstream. En gros dans leur groupe la majorité n'avaient pas ce fantasme là, mais une personne parmis eux, oui. Et ce genre de causerie permettait de pouvoir en discuter, s'ouvrir sans jugement et causer en profondeur de nos constructions de merde... et ensuite cette discussion était suivi d'une réflexion/partage sur «en quoi c'est très problématique de fantasmer sur des ado» bien entendu.
C'est un exemple, mais j'trouve ça vachement cool et courageux de faire ça, et ce genre de motive collective me paraît plus constructive plutôt que de faire comme si tout ça n'existait pas et que c'était de toute façon que et toujours les «autres» qui avaient des fantasmes et pratiques dégueulasses. Puis l'aspect de l'auto formation, checké en parallèle par les copines féministes, me paraît beaucoup plus intéressante qu'un discours pompeux de féministes bac+5 qui vont venir t'expliquer la vie de manière ultra décendante et t'imposer leur point de vue (parce que tu comprends, leur souci sont plus important que les tiens...), sans chercher à causer avec toi.
Jserais curieuse de savoir ce que vous en pensez si vous avez envie de partager vos point de vue

Askip un fanzine qui cause de comment une grande partie du féminisme actuel est aussi un outil de domination de classe (quand bien même il est porté par des meufs dite «radical»...) va bientôt sortir et j'ai déjà hâte de le lire.


et sinon aussi, voici un article qui critique la fameuse enquête (elle remonte!) de médiapart sur les violences sexistes et sexuelles dans les scènes de musique extrêmes: https://blogs.mediapart.fr/collectif-le ... apBEPFayPY
ptète vous l'avez déjà lu m'enfin je l'ai trouvé cool cet article, si jamais vous l'aviez loupé...

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Re: Préjugés, sexisme: combat permanent

Message par moncul » 28 mai 2022 7:57

Déjà merci d'être revenue et d'avoir pris le temps d'écrire tout ça ; je trouve ça bien que tu t'exprimes ici de manière apaisée.

Concernant le porno, je partage assez ton impression sur l'approche différenciée entre cohortes générationnelles. Je suis de 1980, et pour ma génération, le rapport au porno était plus tardif que pour les générations Internet. Il y avait des films érotiques sur M6 ; rétrospectivement, c'est l'adjectif "ringard" qui me vient à l'esprit pour les qualifier, mais dans le même temps, je me souviens vers 12 ou 13 ans quand j'ai commencé à en regarder d'avoir été pas mal chamboulé quand j'en regardais ; mais j'avoue que je trouvais ça abstrait, même si ça permettait dans un premier temps de comprendre dans mon corps ce qu'est le désir et l'excitation. Et puis, la grande différence, c'est que ça devait passer une fois par semaine je crois (à vérifier), difficile de devenir accro comme je le suppose le sont certains jeunes aujourd'hui.

Et puis il y avait le Journal du hard sur Canal +. Là, on était dans le porno mainstream, mais à moins d'avoir un décodeur chez soi (ce qui n'était pas mon cas), tu regardais juste quelques minutes en crypté. Ce qui me revient, c'est un vague sentiment de malaise, ça me faisait peur parce que je trouvais ça assez brutal (contrairement aux films érotiques un peu chiants, mais où il y avait un peu de romance à deux francs), et encore plus abstrait du fait du crypté.
J'ai dû voir un premier porno chez un copain vers 14 ans, qui avait Canal + et en avait enregistré un. Mais encore une fois, même si ces pornos n'étaient pas une bonne entrée dans la sexualité, leur rareté ne leur conférait pas quelque chose de banal ou de vulgaire consommable, et je connaissais personne qui en regardait tout le temps.

Voilà, je voulais juste illustrer ton propos avec mon expérience personnelle.

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niap
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Re: Préjugés, sexisme: combat permanent

Message par niap » 24 juin 2022 19:01

Et pendant ce temps là, papon, libre jubile
l'état n'est pas ingrat quand on lui est servile
Chassant négligemment d’un revers de la main
L’image des enfants qui partent dans les trains

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Re: Préjugés, sexisme: combat permanent

Message par bub » 24 janv. 2023 15:07

https://www.haut-conseil-egalite.gouv.f ... france.pdf
Rapport annuel 2023 sur l’état des lieux du sexisme en France

Mais cinq ans après #MeToo, le rapport dresse le constat d’une société française qui demeure très sexiste
dans toutes ses sphères : les femmes restent inégalement traitées par rapport aux hommes, et elles restent
victimes d’actes et propos sexistes dans des proportions importantes. De fait, le nombre et la gravité de ces
actes augmentent, dans l’espace public, professionnel, privé, numérique… Les derniers chiffres du ministère
de l’Intérieur, par exemple, indiquent une augmentation de 21 % du nombre de victimes de violences
conjugales entre 2020 et 20215.
En dépit d’une sensibilité toujours plus grande aux inégalités et aux violences depuis #MeToo, les biais
et les stéréotypes de genre, les clichés sexistes et les situations de sexisme quotidien continuent d’être
banalisés. Ils restent de ce fait partiellement acceptés par une grande partie de la population. L’opinion
reconnaît et déplore l’existence du sexisme mais ne le rejette pas en pratique, phénomène particulièrement
prépondérant chez les hommes interrogés. Ce décalage entre perception, déclarations et pratique a
des conséquences tangibles en termes de violence symbolique, physique, sexuelle, économique. Du sexisme
quotidien, dit « ordinaire », jusqu’à ses manifestations les plus violentes, il existe un continuum des violences6,
l’un faisant le lit des autres.
[...]
10 recommandations pour un plan d’urgence de lutte contre le sexisme
[...]
N°10 : Institutionnaliser la journée nationale de lutte contre le sexisme le 25 janvier
c'est demain !
si ca pouvait être un jour férié, là, ca aurait vraiment de la gueule !

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