Préjugés, sexisme: combat permanent

Le punk n'est pas qu'une musique ! Ici on discute de l'actualité, des manifs et des résistances en lien direct avec notre culture. "Make punk a threat again", ça vous dit encore quelque chose ?!
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abFab
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Re: Préjugés, sexisme: combat permanent

Message par abFab » 09 juil. 2021 20:18

meluzine a écrit :
09 juil. 2021 11:35

Sinon un article sur les femmes qui se revendiquent du masculinisme..
Les féministes sont des dépravées.. ;)

https://usbeketrica.com/fr/article/douc ... ose-bonbon
Curieusement (je trouve), l'article ne cite pas Dworkin et son livre "Femmes de droite". C'est un livre que je n'ai pas lu, mais le résumé fait par Valérie Crêpe Georgette m'avait marqué ...
http://www.crepegeorgette.com/2014/08/1 ... e-dworkin/
Pour les femmes de droite, le mariage est censé les protéger du viol.
En étant entretenu au foyer, elles sont censées être protégées de l'exploitation économique.
La reproduction leur accorde un peu de respect et de valeur.
Un mariage religieux les garantit contre la violence conjugale.
Bien sûr elles se trompent. Elles risquent davantage d'être violée par leur mari que par un inconnu, sans argent elles sont sous la dépendance économique de leur mari. Le foyer reste le lieu le plus dangereux pour une femme.
Il ya aussi un truc un peu pervers dans leur nom : Red Pill
"En allusion au film Matrix, les Red Pill affirment avoir pris la pilule rouge, celle de la vérité. D’après eux, le féminisme et l’idéologie de gauche discriminent les hommes. "
Alors que cette allusion a depuis longtemps été utilisée par les féministes pour décrire justement ce qui arrive quand on prend conscience des ravages du patriarcat (et à quel point cela change notre perception de notre environnement social, culturel, etc) :
https://simonae.fr/articles/pilule-rouge-feminisme
Le féminisme fait peur. Le féminisme fait réfléchir. Mais surtout, le féminisme fait ouvrir les yeux. Et une fois cette étape passée, faire machine arrière est impossible.

Bref, encore une récupération des concepts de gauche par des mouvements de droite... :roll:
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Re: Préjugés, sexisme: combat permanent

Message par meluzine » 09 juil. 2021 22:30

abFab a écrit :
09 juil. 2021 20:18
Bref, encore une récupération des concepts de gauche par des mouvements de droite... :roll:
Pas mieux... C'est bien une preuve que la droite ça ne marche pas, si ils ont besoin d'aller s'inspirer ailleurs..

C'est vraiment flippant de constater l'image que ces femmes ont des autres femmes qui est au sommun de la construction patriarcale.
Le pire c'est qu'en pensant être mieux, elle entretiennent donc le sexisme vis à vis d'elles-mêmes.

Elles sont encore plus vulnérables, car ni la structure du couple les protègent, ni l'expérience autres femmes.

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Re: Préjugés, sexisme: combat permanent

Message par Chéri-Bibi » 08 août 2021 10:46

Un super et volumineux article sur le sexisme dans la "culture geek" (déjà que j'aime pas les jeux vidéos, ça me donne encore moins envie...) : https://cafaitgenre.org/2013/03/16/sexi ... -remedier/
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Re: Préjugés, sexisme: combat permanent

Message par niap » 30 août 2021 10:09

Je ne sais pas si déjà posté: https://lmsi.net/Des-misogynes-rebelles
Et pendant ce temps là, papon, libre jubile
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Re: Préjugés, sexisme: combat permanent

Message par bub » 08 sept. 2021 7:58

un article intéressant sur la radicalité (en l'occurrence féministe ici) utilisée comme un outil de promotion individuel... Up the punk, radical et intolérant !
https://www.xymedia.fr/la-performativit ... Dv3FBwsaco
et hop !

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Re: Préjugés, sexisme: combat permanent

Message par Chéri-Bibi » 08 sept. 2021 8:32

Ohlà, il tape juste le texte dont t'as posté le lien, Bub ! En tout cas il fait écho à un certain nombre de rapports humains vécus (et pas qu'au niveau des luttes féministes !) :
À un niveau politique, la radicalité est cultivée pour elle-même, même quand elle n’est pas judicieuse tactiquement. Tout simplement parce qu’elle assure une plus-value politique immédiate dans le milieu féministe, où elle est la source principale de légitimité. L’absence d’affrontement avec le réel pousse certain-es militant-es féministes du « milieu » à chercher de la reconnaissance au sein de celui-ci. Iels cherchent à accumuler du capital symbolique là où la radicalité est la seule monnaie”.
(extrait cité de La Révolution féministe d'Aurore Koechlin).

Ou encore :
“la priorité n’est plus mise sur l’organisation collective mais sur la police du langage et des comportements pour qu’ils soient les moins oppressifs possibles, c’est-à-dire la promotion d’une vision individualiste, superficielle et puriste du militantisme”.
si l’approbation de ses pairs ne peut se faire qu’au prix d’apparaître comme le plus intransigeant, alors la radicalité n’est plus un outil politique, elle est une fin en soi, elle est performée à des fins de promotion individuelle.
L’inefficacité politique de ce type de méthodes réside pour la sociologue dans le fait qu’elle constitue un régime de terreur (on ne dit pas quelque chose par peur d’être maladroit·e et de subir les foudres de son cercle militant) et non un régime de conviction (on ne dit pas quelque chose parce que nous sommes convaincu-es de l’importante politique de ne pas le dire). Conclusion selon Amador Maldoror : “cet idéalisme génère de l’immobilisme”, via un processus “dépolitisant et démobilisant, de même qu’il produit des espaces très codés et déconnectés des masses”.
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Re: Préjugés, sexisme: combat permanent

Message par bub » 22 sept. 2021 9:22

hola ! je lisais hier un "scene report" dans punkulture 7 sur deux groupes de musiques qui traversaient l'europe pour jouer, avec deux "roadies" qui les accompagnaient.
je ne me suis pas senti très confiant et j'ai rapidement arreté la lecture : il y avait 9 garçons dans le van et aucune fille.
Après il y avait la tournée krays - bad nasty, rebelote. (D'ailleurs, au cours de la tournée ils rencontrent "la femme de" bidule ou "la femme de" truc, -comprendre elles ne sont pas dispos- qui les accueillent -comprendre elles ont fait la popotte et les lits- , OK...)
Je ne fais aucun jugement de valeur (quoique) et j'ai vécu des situations semblables mais je deviens plus critique, surtout que le voyage en groupe favorise les relations internes au groupe au détriment des rencontres avec l'extérieur. Mais du coup je ne peux pas m'empêcher de relier cette situation et ce bouquin nouvellement sorti :
https://www.marabout.com/lecart-de-la-m ... 2501161893
Les hommes doivent se détacher des hommes. Ils doivent refuser de rester plus longtemps les complices actifs de cette solidarité masculine si destructrice, qui favorise l’entre - soi, sature l’espace public et protège les individus les plus nuisibles. Ils doivent quitter la meute et ses codes. Ils doivent se débarrasser une bonne fois pour toutes de la pression collective qui les pousse à se comporter en prédateurs et en petits chefs. Ils doivent dire non aux bizutages, aux examens de passage, aux tests de masculinité. Ils doivent avancer seuls, apprendre à penser par eux-mêmes et non en fonction du groupe, et se comporter comme des êtres humains dignes et respectueux. Ils doivent arrêter de se réfugier derrière un fatalisme bon teint en vertu duquel il ne serait plus possible d’enrayer le sexisme ordinaire, les discriminations quotidiennes, l’impunité des agresseurs. Se comporter en homme, en homme digne de ce nom, c’est à la fois cesser de jouer à qui a la plus grosse et dire définitivement non à ces indécentes marques de connivence avec des types médiocres, euphoriques d’être qui ils sont alors qu’ils devraient sincèrement en avoir honte.
Bon, dans cette citation, je trouve qu'utiliser les mots "se comporter en homme" est hyper maladroit, mais l'idée est là : il faut arrêter de constituer des groupes musicaux exclusivement d'hommes. D'ailleurs, si on interroge des groupes musicaux exclusivement de femmes, il y a toujours cet aspect politique du féminisme. Ce qu'on ne retrouve pas dans les groupes d'hommes qui se basent sur une amitié (homosensualité comme analysé par D. Tassin) apolitique. Et les apo, on sait ce que c'est...

Et puis est ce qu'on pourrait "politiser" un peu plus les "scene report"...
:hausse:

PS : je me réfère à Damien Tassin. "Rock et production de soi. Une sociologie de l’ordinaire des groupes et des musiciens."

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