DIY ?

Ici on cause, on débat, on discute, on s'engueule, on recherche des trucs, en lien plus ou moins direct avec le punk DIY / Punx with brainz !
bub
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Re: DIY ?

Message par bub » 24 févr. 2021 15:25


mounet
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Re: DIY ?

Message par mounet » 24 févr. 2021 22:16

Salut,
je discute rarement sur le forum, mais je poste de temps à autre des infos concerts et labels, du coup le sujet me parle d'assez près.

Avec la distro/label CRUSTATOMBE on a toujours essayé d'être le plus éthique dans notre démarche qu'on appel punk DIY. J'y crois dure comme fer, avoir des disques dans les bacs récupérer uniquement par des échanges avec d'autres labels ou avec les groupes (choses plus compliqués), donc ne pas acheter 10 disques à prix correct pour les revendre 2/3 balles plus chère, car effectivement on est pas des marchands du disques punk, les disquaires sont la pour ça. Avoir des prix fixes ou prix libre qui ne dégagent pas de tunes, à part pour tenter de mettre 200 balles dans une prochaine co-prod, car être non profit, ça signifie pas d'être toujours dans le rouge, juste être cohérent et honnête .
Je vois trop souvent des labels DIY vendre leurs prods 12 balles, sérieux, 1 LP revient environ à 5/6€ (en filent 100 copies sur 500 copies au groupe). Alors certes je conçoit très bien qu'entre un label qui sort 100€ et un autre 1500€, y'a une énorme différence, je sais pas trop comment me positionné dans tout ça.... y'a clairement du bizness.

La distro qui a 10/11 ans, a toujours fonctionné lentement, mais avec les concerts et les groupes sur la routes, y'a toujours eu moyen de continuer l'aventure et surtout d'y prendre plaisir, car c'est pas un taf, c'est la passion, le truc du gamin qui est toujours excité d'ouvrir un paquet d'échange, quand on perd se plaisir, c'est qu'on doit laissé tomber. Enfin ce n'est que mon avis.

J'ai mis les disques sur discogs en décembre 2020 et avant sur bandcamp, car je me suis dit pourquoi pas essayer, on verra bien, car recevoir un mail pour une commande de quelques disques, l’emballer, le peser, l'envoyé, ça reste vraiment cool, mais l'envers du décors est bien la.
Devoir augmenter les prix de quasi 2€ pour payer les taxes discogs,bandcamp et paypal, la gestion avec mondial relay... ça devient vite fatiguant. Je peux comprendre que le site taxe, car c'est super rapide et facile de mettre les disques en vente, pas grand chose n'est gratuit dans se monde marchand.
De tout ça, je reste juste content de vendre des disques de temps en temps, car ça permet de mettre la distro à jour, de remettre le nez dedans, plutôt que de la laisser dans un placard, donc tout ça reste positif, mais c'est vrai qu'une alternative collective et constructive serait la bienvenue.
Avoir un catalogue de VPC (vente par correspondance) est très bien, mais c'est plus de taf.

Voila, en tout cas la discussion est très intéressante.

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Alita51
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Re: DIY ?

Message par Alita51 » 09 mars 2021 22:08

Je relisais les pages et je me disais que y'avais moyen de nuancer un peu l'histoire et mon précédent post. Je sais pas si ça va être encore dans le sujet "DIY" complètement...

je crois que le punk représente encore quelque chose de fort...ya qu'a voir en manif on entend toujours les sempiternels morceaux des sales maj, de parabellum ou des Berus/Ramoneurs. Et je crois que dans les lycées/collèges il y aura encore longtemps une petite bande qui connaîtrons ces groupes. La question qu'on pourrais se poser c'est où que ça merde quand la vision que la plupart des gens en ont aujourd'hui c'est un truc limité à quelques groupes phares, sur des imaginaires, des paroles et des esthétiques héritées des années 80/90...et comme si au passage à l'an 2000, hop, plus grand chose de neuf, ou alors, pleins de trucs, mais dans l'underground de chez l'underground. Et pour accéder à tout ça, internet pour moi ça a été capital, et quelques rares et bienveillantes rencontres, au lycée, au parc, en concert...

Il y a peu je discutais avec un jeune qui devais à peine avoir 20 ans. Pas du tout looké punk. Certes vivant en squat...et on parlais de musique et d'autres trucs. Il me demandais à quoi ça ressemblais la musique punk. Mais pour lui, c'était clair et limpide ce qu'être punk pouvais vouloir dire, en gros, quelque chose d'affranchi d'une identité musicale et artistique, quelque chose ayant plus à voir avec des idées sur la vie, la société, les valeurs. Et il me disais qu'il s'identifiait à ce mot "punk". Bref, qu'on appelle ça punk ou non...c'est plutôt rassurant non?
distro revues, fanzines, livres: https://lucanedistro.herbesfolles.org

Kronstadt - punk rock lille : https://kronstadtlille.bandcamp.com

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Re: DIY ?

Message par thrash » 12 mars 2021 18:14

le probleme du punk: c est que c est devenu un loisir......


ou pour certains une source de revenu.....

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Re: DIY ?

Message par magicraph » 13 mars 2021 11:01

autrement dit, un folklore comme un autre.
hein?

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Re: DIY ?

Message par Nhuman punk » 16 mars 2021 10:32

haha thrash il a tout résumé en 2 phrases, pas besoin de faire un roman!

sinon ce texte sorti il y a quelques temps parlent de sujets évoqués ici:
https://fr.crimethinc.com/2018/10/22/la ... anarchisme

bub
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Re: DIY ?

Message par bub » 22 mars 2021 14:40

Nhuman punk a écrit :
16 mars 2021 10:32
haha thrash il a tout résumé en 2 phrases, pas besoin de faire un roman!
:lecture: mouais... crass disait la même chose il y quelque temps et pourtant ce forum existe, on se demande pourquoi...

sinon, j'ai lu le Techno-feodalisme, critique de l'économie numérique. Ca me rappelle la brochure anti myspace de l'époque, qui avait finalement bien cerné les problématiques :
- les entreprises numériques restent simplement des entreprises concurrentielles dans une logique de marché :
Discogs est un rival d'Amazon et d'eBay sur le secteur musical, alors pourquoi ne pas mettre directement les disques en vente sur Amazon ou eBay ? c'est bonnet blanc et blanc bonnet, et ca boostera d'autant plus les ventes. Dans une logique de croissance, Discogs va continuer son expansion pour devenir éclectique comme Amazon ou sinon se faire racheter.
Et Bandcamp c'est la même logique, au fait...
- La constitution de monopole suit la logique d'accumulation du capital. D'où l'idée partagée de Discogs ou la mort, Bandcamp ou la mort.
Ce qui est amusant, c'est que le bouquin mentionne que les GAFA ont été aidé par l'Etat américain (via le budget militaro-industriel), la Russie et la Chine ont financé leur propre réseaux qui fonctionnent avec succès. Par contre l'Europe a laissé naivement faire le libéralisme sans intervention a tout va et résultat il n'y a aucune d'alternative europeenne aux entreprises numériques. Par contre toujours pas de loi anti trust numérique à l'horizon... alors je vous laisse deviner la suite.
- rapport de domination des big data
la ressource c'est la richesse en données, avantage de la publicité ciblée, les plateformes comme fiefs, autonomie en trompe l'oeil...
Les plateformes experimentent des algorithmes sans consentement des utilisateurs avec des contenus normatifs. Bref, bienvenue dans le capitalisme de la surveillance.
Au final, le bouquin est pas mal du tout, un peu trop d'analyses marxistes mais il détruit bien l'utopie internet qui continue à être véhiculé et partagé (les fameuses alternatives).
Avant, le punk, c'était les moyens du bord, maintenant c'est les moyens gratuits à disposition. Le DIY sur internet j'en retiens que ca va pas très loin.

deuxième axe : le PIND (http://pind.univ-tours.fr/). Ca a été mentionné brièvement sur ce forum pour critiquer (normal) le côté institutionnel, on y retrouve entre autres le leader des BxN (ah non, il précise qu'il aime pas qu'on dise ça) ou F. B. de B. de F. de PV (le tueur de parcmètres) dans des envolées hautement universitaires.
Je viens de lire "Underground ! Chronique de recherches en terre punk" et c'est amusant de voir comment la langue universitaire est vraiment stéréotypée : il faut des mots compliqués, il faut des milliard de références, il faut de la méthodologie, de la justification et du concept. Sinon c'est même pas la peine de postuler pour un texte universitaire de recherche un tant soit peu sérieux. Le meilleur à ce petit jeu, c'est F. B. de B. de F. de PV qui analyse la littérarité (ca ne s'invente pas) des Rats avec une langue vernaculaire des plus drôlatiques (tsoum tsoum)
En dehors de çe vernis imposé, les problèmatiques sont assez intéressantes. Mais en prenant de la distance, sur le site (assez laid au demeurant), on peut lire que les axes de recherches du PIND portent sur la représentation et les rapports sociaux dans le milieu punk, sur la manière dont la culture s'inscrit dans le temps (par exemple ici). Je me dis que le questionnement sur le DIY y contribue en plein. Ca ne répond pas à la question mais ca peut être un élèment de réponse... On peut critiquer l'initiative "CNRS tamponné" mais le débat organisé par Cheribibi sur la presse alterno relève du même ressort : comprendre et avancer. D'où regarder dans leurs archives de débats, ou plutôt conférence + Q&R...

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